Fiscalité de la location courte durée : ce que vous devez déclarer (micro-BIC, régime réel)
Louer son logement rapporte — et se déclare. Bonne nouvelle : la fiscalité de la location meublée est plus simple qu'il n'y paraît, à condition de connaître les règles du jeu, qui ont beaucoup changé récemment. Voici l'essentiel, en clair.

Le principe : des revenus BIC, pas des revenus fonciers
Première conséquence pratique : même quelques semaines de location pendant votre absence se déclarent. Les plateformes transmettent d'ailleurs automatiquement vos revenus à l'administration fiscale — l'oubli n'est pas une option.
Le régime micro-BIC : la simplicité
Si vos recettes annuelles restent sous les plafonds, le régime micro-BIC s'applique par défaut : vous déclarez le montant brut encaissé, et l'administration applique un abattement forfaitaire censé couvrir vos charges.
Depuis la réforme récente, pour un meublé de tourisme non classé — le cas le plus courant sur Airbnb — l'abattement est de 30 %, avec un plafond de recettes d'environ 15 000 € par an. Pour un meublé classé (démarche volontaire de classement en étoiles), l'abattement monte à 50 %, avec un plafond nettement plus élevé.
Concrètement : 10 000 € de recettes en non classé → vous êtes imposé sur 7 000 €, à votre taux marginal d'imposition, plus les prélèvements sociaux.
Le régime réel : souvent plus avantageux qu'on ne croit
Au-delà des plafonds — ou sur option volontaire — vous passez au régime réel : vous déduisez vos charges réelles (intérêts d'emprunt, charges de copropriété, assurance, frais de conciergerie, travaux...) et vous pouvez amortir le bien et son mobilier.
Résultat fréquent : un résultat imposable très faible, voire nul, pendant plusieurs années. La contrepartie : une comptabilité à tenir, généralement avec l'aide d'un expert-comptable (dont les honoraires sont eux-mêmes déductibles).
La règle pratique : en dessous de quelques milliers d'euros de recettes annuelles, le micro-BIC suffit souvent par sa simplicité. Au-delà, ou si vous avez un crédit en cours, faites simuler le régime réel — l'écart peut être substantiel.
N'oubliez pas la taxe de séjour
Vos voyageurs doivent payer la taxe de séjour, que la plateforme collecte et reverse généralement automatiquement pour vous dans les grandes communes. Vérifiez que c'est bien le cas pour la vôtre ; sinon, la collecte vous incombe.
Expatrié : quelle fiscalité si je pars à l'étranger ?
Point important pour notre lectorat : même si vous devenez non-résident fiscal français pendant votre expatriation, les revenus de la location d'un bien situé en France restent imposables en France (sous réserve de la convention fiscale avec votre pays d'accueil). Le régime BIC s'applique de la même façon ; les modalités (taux minimum, prélèvements sociaux) diffèrent selon votre situation. Un point à valider avec un professionnel au moment de votre départ.
En résumé
Location meublée = revenus BIC, à déclarer même pour de courtes périodes.
Micro-BIC non classé : abattement de 30 %, plafond d'environ 15 000 € de recettes.
Le classement en meublé de tourisme améliore nettement le traitement fiscal.
Le régime réel, avec amortissement, réduit souvent fortement l'impôt — à simuler dès que les recettes deviennent significatives.
Expatriés : les loyers de votre bien français restent imposés en France.
Vous voulez y voir clair sur le potentiel net de votre logement ? Nous intégrons la dimension fiscale dans nos estimations et pouvons vous orienter vers les bons interlocuteurs. Obtenir une estimation
Cet article présente les grands principes en vigueur en 2026 à titre d'information générale et ne constitue pas un conseil fiscal. Les règles et plafonds évoluent régulièrement : rapprochez-vous d'un expert-comptable ou de l'administration fiscale pour votre situation précise.
Commentaires